Le BIM Expliqué (très) Simplement

Tantôt adulé, tantôt décrié, une chose est sûre : le BIM depuis quelques années fait beaucoup parler de lui.

Le BIM, on en a tous entendu parler. Nous savons tous de quoi il s’agit. Ou du moins… nous pensons le savoir.

Une rapide enquête auprès de mes collègues architectes m’a fait réaliser que le BIM est plutôt méconnu. Quand je demande « peux-tu m’expliquer ce qu’est le BIM », les réponses étaient tantôt évasives tantôt approximatives.

Je faisais moi même partie de cette masse. Je connaissais le BIM mais en vérité, j’ignorai tout du BIM. 

J’ai donc décidé de remédier à ce problème. Depuis quelques temps, je me forme en autodidacte sur le BIM. Dans cette quête, j’ai fait l’acquisition de trois livres : 

Livres sur le BIM

livres sur le BIM

Je me suis également pas mal documenté sur le sujet auprès d’articles de blog, de vidéos Youtube et de formations en ligne.

Comme ce blog est avant tout un outil d’auto-apprentissage, j’ai eu l’idée de partager avec vous une synthèse de ce que j’ai appris au cours de mes recherches de ces derniers mois.

Cet article est le premier d’une longue série sur le BIM. 

L’objectif de ce tout premier article est de vous aider à y voir clair sur ce qu’est le BIM mais aussi (et surtout) de ce qu’il n’est pas. 

Dans un soucis de vulgarisation, je vais simplifier au maximum certains concepts afin de les rendre accessible au plus grand nombre.

Si vous maitrisez déjà le sujet, vous n’apprendrez rien de nouveau. Si au contraire, comme moi vous n’avez qu’une connaissance superficielle sur le BIM alors vous êtes au bon endroit.

Commençons par le début, à savoir définir ce qu’est le BIM.


Le BIM : Qu’est-ce donc ?


Il ne semble pas y avoir de consensus sur la définition du BIM.  Le BIM n’est d’ailleurs pas un mot à proprement dit mais un sigle.

B.I.M signifie « Building Information Modeling » soit en français, « Modélisation des informations de la construction ».

Si cet acronyme nous donne déjà une petite idée globale de ce qu’est le BIM, il est loin d’englober l’essence même de ce qu’est le BIM.

Clément Valente, auteur du livre « BIM&BTP : Construire grâce à la maquette numérique »  donne une définition plutôt complète du BIM en ces mots :

« Le BIM est une méthode de travail, un processus, utilisant une maquette numérique 3D intelligente comme élément central des échanges entre les différents intervenants à l’acte de construire. »

Cette définition synthétise les 2 éléments clés du BIM. Ces éléments clés sont :

  • Méthode de travail 
  • Maquette numérique 3D intelligente

Décortiquons ces 3 éléments afin de mieux cerner ce qu’est le BIM.


Le BIM : Une nouvelle façon de collaborer


Le BIM, ce n’est pas un logiciel comme on l’entend souvent. Non, le BIM c’est une nouvelle façon de mener à bien un projet de construction.

Il s’agit d’un processus hautement collaboratif qui permet aux architectes, ingénieurs, promoteurs immobiliers, entrepreneurs, fabricants et autres professionnels de la construction de planifier, concevoir et construire une structure ou un bâtiment dans un même modèle 3D.

Le notion de modèle 3D unique est ici très importante.

La construction est un procédé complexe qui fait intervenir de grandes équipes composées de divers spécialistes tels que des architectes, ingénieurs structures, électricité, plomberie, constructeurs, installateurs, métreurs, chefs de projet etc. Tous ces spécialistes doivent collaborer pour mener à bien le projet.

Cependant, dans un processus de construction (surtout lors de la phase de conception), la communication entre les parties prenantes peut être assez fragmentée.

Chacun des intervenants produiront de leur côté tous les dessins relatifs à leur discipline individuelle, de façon indépendante.

Comme chacun travaille dans son coin sans nécessairement communiquer avec les autres, il en résulte souvent une pléthore de documents de projet, qui doivent tous être correctement coordonnés et mis à jour continuellement pour refléter chaque changement et évolution du projet.

C’est un processus extrêmement fastidieux qui contribue grandement à l’apparition d’erreurs, au ralentissement du projet et donc fatalement à l’augmentation des coûts du projet.

Le BIM est né de l’idée que chaque partie doit tenir compte des autres, car chaque partie a une incidence sur les autres.

D’où l’idée du modèle unique : tout le monde travaille sur la même maquette et tout le monde est au même niveau d’informations. Tout changement est automatiquement notifié à tout le monde. C’est un processus fluide.

Le BIM est donc une révolution dans le sens où elle chamboule notre façon de travailler, de collaborer sur un projet.

Vous l’aurez compris, on aura beau utiliser des logiciels « BIM » sans pour autant faire du BIM.

Archicad, Revit, Allplan et autres ne sont que des outils du BIM, ce n’est pas le BIM en lui même. On ne fait pas du BIM tout seul, c’est un mouvement de groupe.

Ce mouvement de groupe est matérialisée par l’aboutissement d’une maquette numérique.

Mais ce n’est pas n’importe quelle maquette : c’est la maquette numérique intelligente.


La maquette numérique intelligente : le cœur du BIM


La finalité « concrète » du BIM est d’aboutir à une maquette numérique intelligente, aussi appelée modèle fédéré ou master model.

Lorsqu’on parle de maquette numérique, vous penserez sans doute à une représentation géométrique en 3D du projet, une sorte d’équivalent de la maquette physique d’architecture.

Mais la maquette numérique c’est bien plus qu’un assemblage de forme 3D, c’est une maquette numérique intelligente.

Qu’entend-t-on par « intelligente » ?

Le livre « BIM pour les nuls » donne une analogie amusante qui permet de comprendre ce concept d’intelligence.

Voici 2 modèles 3D d’une banane. Elles ont l’air identiques n’est-ce pas ?

Et pourtant elles sont radicalement différentes.

  • La banane 1 est une modélisation 3D classique uniquement composée de polygones eux même composés de faces, d’arêtes et de sommets auxquelles on a appliqué une texture de banane.

 

  • La banane 2 quant à elle, en plus d’être constituée de polygones permettant de représenter graphiquement la banane, contient également des données, des informations sur cette banane, qui elles sont invisibles d’un point de vue graphique. Mais elles existent bien et il est possible de les extraire. Ces données sont par exemple sa teneur en sucres ou en calories, sa date de péremption, son pays de provenance, le fait que le fruit soit ou non certifié « commerce équitable » etc.

L’objet en 3D ne suffit pas à représenter la banane.

C’est pareil avec une maquette numérique intelligente d’un bâtiment : il ne s’agit pas seulement d’un assemblage de polygone et de textures.

Dans cette capture tirée de « Premiers pas en BIM », nous avons 3 murs :

  • Le premier mur à gauche qui est un simple mur en 2D constitué de lignes
  • Le mur du milieu un mur en 3D constitué simplement de polygones
  • Et à gauche, un mur « BIM », qui est constitué à la fois d’élements en 2D et 3D mais aussi des informations comme la hauteur du mur, s’il est porteur ou non, de quel matériau est-il fait, quelles sont les caractéristiques  etc.

Vous saisissez l’idée ?

2D + 3D + Informations = maquette intelligente.

L’idéal dans un processus BIM est d’aboutir à une maquette numérique qui est l’avatar numérique du futur bâtiment.

C’est une maquette unique qui contient toutes les informations du bâtiment et qui est le fruit du travail synchronisé des différents corps de métiers. 

Architectes, ingénieurs génie civil, ingénieurs plomberie, ingénieurs électricité, infographistes 3D etc, travaillent tous simultanément sur la même maquette (ou sur différentes maquettes métiers qui sont ensuite fusionnées pour obtenir la maquette fédérée)..

Cette méthodologie de travail matérialisée par la maquette numérique intelligente offre de nombreux avantages : elle facilite la conception, simplifie la coordination, minimalise les erreurs et les coûts, sécurise davantage la construction, permet d’analyser la consommation d’énergie et même de gérer et entretenir l’actif bâti car la maquette numérique est mise à jour jusqu’à la fin de vie du bâtiment.


Voilà, nous allons nous arrêter là pour ce premier article introductif.

J’espère ne pas vous avoir perdu sur certains passages. J’ai essayé de vulgariser au maximum, simplifié et omis volontairement certains concepts afin de rendre l’article le plus digeste possible.

D’autres articles plus poussés arriveront très bientôt.

J’espère que vous aurez plaisir à lire ce dossier autant que je prends plaisir à l’écrire.

A très bientôt sur ArchiGrind ! 

Rédigé par Archimède

Un geek de 28 ans passionné par la tech, le graphisme, le montage vidéo, la programmation et l’univers du rendu d'architecture. 😊

lundi, Sep 20

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3 Commentaires

  1. JMB

    Bonjour Archimède,
    Enfin qlq qui emploie les métaphores comme code de langue dans une démarche pédagogique, j’apprécie beaucoup.
    à bientôt.
    JMB

    Réponse
    • Archimède

      Bonjour JMB,

      Ravie de voir que la métaphore de la banane est appréciée 😁

      Merci et à très bientôt !

      Réponse
      • Eric Goore Bi

        Salut Archimède
        Merci pour ton article ,il est claire que je dormirai moins bête tous les lundi avec ton sujet sur le BIM .
        Bonne continuation!!!

        Réponse

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