4 Conseils pour démarrer dans le BIM

Si vous êtes ici, c’est que le BIM vous intéresse. Plus que ça : vous êtes convaincu que le BIM est le futur de l’industrie du bâtiment.

Vous aimeriez mettre en œuvre le BIM dans votre entreprise.

Le hic : vous ne savez pas par où commencer.

C’est exactement l’étape à laquelle je suis au moment où j’écris cet article.

Cela fait quelques mois que je m’éduque sur le BIM et j’ai retenu quelques conseils clés pour moi même mais qui s’appliquent -je pense- à quiconque souhaite démarrer avec le BIM.

1 – S’informer sur le BIM

Avoir une bonne compréhension du concept et de la terminologie de base du BIM est l’étape la plus cruciale.

Vous devez vous former au BIM, ou du moins vous informer à ce sujet.

C’est ce que j’ai fait (et que je continue de faire) et qui m’a permis de produire cette série d’articles sur le BIM.

La première chose que j’ai faite dans ce sens est d’acheter ces 3 livres : Premiers pas en BIM : l’essentiel en 100 pages, Le BIM pour les Nuls et BIM & BTP : Construire grâce à la maquette numérique (en version numérique).

J’ai énormément appris grâce à ces 3 livres et je vous recommande vivement de vous les procurer si vous souhaitez comprendre ce qu’est le BIM.

Premiers pas en BIM : l’essentiel du BIM en 100 pages est ,comme son l’indique, excellent pour comprendre l’essentiel de ce qu’est le BIM. L’auteure va droit au but et vous délivre les éléments clé de la compréhension du BIM.

Les 2 autres livres vont davantage en profondeur et même s’ils se chevauchent beaucoup sont d’excellents compléments au premier.

Je me suis également pas mal informé à travers des vidéos YouTube. Si vous êtes à l’aise avec l’anglais, je vous recommande vivement la chaîne The B1M qui propose une série de vidéos courtes pour les débutants du BIM.

Quant à la sphère francophone, j’ai bien aimé les vidéos de la chaîne « Le BIM en vrai » ainsi que les webinaires de la chaîne « Man and Machine France ».

Pour cette série d’articles, je me suis fait aidé par des professionnels qui, grâce à leur fact-checking, m’ont beaucoup aidé à saisir certaines nuances qui ont totalement échappé au débutant que je suis.

D’ailleurs, je vous recommande vivement de vous faire accompagner pour ce qui est du BIM (et c’est un inconditionnel de l’autodidactisme qui le dit).

Le BIM est à mon sens un poil trop complexe pour s’auto-former efficacement. Bien sûr, tout dépend de votre motivation et de vos capacités en terme d’apprentissage mais un accompagnement est dans la plupart des cas le choix le plus efficace.

Je parle de la formation mais ce conseil vaut aussi pour la mise en place du processus BIM.

2 – Etablir ses objectifs

Cette étape me parait fondamentale et conditionne toutes les autres qui vont suivre.

Tout changement nécessite la définition d’objectifs : vous devez connaîtrez la direction que vous allez suivre. Avant de commencer à travailler avec le BIM, fixez vous des objectifs clairs. Aidez vous en répondant à quelques questions simples :

Pourquoi est-ce que je veux utiliser le BIM ? Comment le BIM peut-il aider mon entreprise ? Comment puis-je utiliser le BIM dans mon travail quotidien ?

Je vais prendre exemple sur moi même pour illustrer. Je co-dirige actuellement un petit cabinet d’architecture. Nous pratiquons ce qu’on appellerait un BIM de niveau 1.

Par conséquent, nous avons développé pas mal de mauvaises pratiques inhérentes au BIM de niveau 1.

Vu que les fichiers que nous produisons sont essentiellement destinés à notre usage en interne, nous nous permettons souvent de « tricher » dans la phase de conception.

Un exemple très simple qui vous parlera peut-être : nous dessinons en 2D et modélisons en 3D mais très souvent, la maquette 3D finale et les planches 2D produites ne sont souvent pas parfaitement corrélées. Nous nous permettons de « tricher » en triturant les dessins 2D extraits de la 3D afin de l’adapter à la réalité du projet.

Or, dans un processus BIM, les plans 2D doivent obligatoirement être extraits de la maquette numérique afin que la concordance soit la meilleure possible

Cette façon de procéder permet de gagner du temps car la maquette 3D n’a pas besoin d’être « parfaite » pour en extraire de la 2D. Seulement, cela a un coût non négligeable : des erreurs se glissent très facilement. Non détectées à l’étape de conception, ces erreurs arrivent fatalement jusqu’au chantier.

Aussi l’objectif de la maquette 3D que nous produisons est seulement d’être une représentation graphique du projet tel que nous l’imaginons. Nous ne prenons pas le temps de « nourrir » le projet en données non graphiques. Lorsque nous dessinons un mur en 3D, nous nous soucions uniquement des données graphiques : épaisseur, hauteur, texture et nullement des données non graphiques : composition du mur, porteur ou non, capacité thermique etc.

Pour moi, l’adoption du BIM est motivée d’abord par la rigueur que ce processus implique ainsi que les nombreux avantages qui en découlent.

Adopter le BIM, c’est être prêt à modéliser un projet de façon la plus « propre » possible.

Les avantages sont nombreux : détection en amont de conflits, des estimations plus précises (car basées sur la maquette numérique) et globalement une meilleure pratique du métier.

Pour vous, les raisons seront peut-être différentes. Peut-être souhaitez vous faire du BIM parce que les marchés publics de votre pays l’exigent ? Ou alors afin de mieux maîtriser les plannings de vos chantiers ?

Connaître vos motivations vis à vis du BIM sont essentielles car elles seront vos guides quant à votre stratégie d’implémentation du BIM.

L’application du BIM aux projets et au workflow en architecture commence par établir les objectifs que vous espérez atteindre avec sa mise en œuvre, d’autant plus que ceux-ci ont tendance à varier en fonction de l’entreprise. Il existe de nombreux niveaux de mise en œuvre et il s’agit d’un processus graduel qui doit être fait avec patience et autant d’organisation que possible, de préférence avec l’aide d’un consultant BIM ou d’un professionnel (Les équipes de Man and Machine seront ravis de vous aider dans ce sens).

Une fois que vous avez défini les objectifs de la mise en œuvre, vous devrez ensuite examiner son impact sur votre productivité. Cela inclut généralement le temps nécessaire à la formation des membres de votre équipe ainsi que les courbes d’apprentissage des différents logiciels.

3 – Commencer avec un petit projet pilote

Un conseil que j’entends souvent et qui me semble très pertinent : commencer avec un petit projet pilote.

L’idée est super simple : choisissez un projet sans réel enjeu et apprenez autant que vous le pouvez.

Si vous débutez dans le BIM en tant que chef de projet, commencez par un petit projet en guise de galop d’essai. Apprenez de vos réussites et de vos erreurs. Prenez des notes pour pouvoir partager ce que vous avez appris avec les autres membres de votre entreprise.

Démarrer avec un petit projet pilote sera aussi un point de départ pour poser les bases de votre processus BIM (qui est plus apte à faire quoi, création d’une bibliothèque d’objets BIM, de gabarits etc) mais aussi de détecter vos points faibles avant d’appliquer la méthodologie BIM au reste de vos projets. Ce projet bêta est également un bon point de départ pour créer une documentation interne des exigences et des normes de modélisation que l’entreprise souhaite établir et maintenir. Votre propre « culture BIM » en quelque sorte.

La transition vers le BIM étant source de bouleversements pour votre entreprise, le faire de la façon la plus douce possible est essentiel.

4 – Evaluer le facteur humain, matériel et logiciel

Les gens ont une tendance naturelle à se méfier de ce qu’ils ne connaissent pas ou ne comprennent pas, et le BIM ne fait pas exception.

Le BIM exige de sortir de sa zone de confort. Et ce n’est pas toujours chose aisée.

Il est donc essentiel de communiquer la valeur du BIM à chaque membre de votre équipe dès le départ.

La collaboration étant la base du BIM, le facteur humain est crucial. Une transition réussie vers le BIM dépend autant de leur enthousiasme que de leur investissement personnel.

Vous devez insister sur l’impact positif du BIM sur chaque employé, en plus de ses avantages pour l’entreprise dans son ensemble.

Mais une transition BIM réussie dépend aussi en grande partie du confort de votre équipe avec la solution logicielle que vous avez choisie.

Selon les logiciels que vous aurez choisis, une mise à jour des compétences de votre équipe peut s’avérer nécessaire.

Nouveaux logiciels riment aussi avec nouveaux matériels.

Par rapport aux logiciels CAO standard, les logiciels BIM sont beaucoup plus exigeants en termes de ressources matérielles. Par conséquent, il est probable que votre entreprise doive investir dans des mises à niveau matérielles importantes afin de s’adapter aux nouveaux logiciels.

De plus, les logiciels BIM étant encore relativement jeunes et en constante évolution, c’est probablement une bonne idée de choisir du matériel qui est un cran au-dessus de vos besoins sur le moment afin de vous assurer que votre matériel puisse supporter les prochaines itérations.

Si ce n’est pas votre tasse de thé, faites vous accompagner par des professionnels tels que Man and Machine.

Je vais m’arrêter là mais cet article pourrait être bien plus long.

Ces conseils sont ceux qui me parlent personnellement mais si je ne devais en donner qu’un, ce serait sans aucun doute celui-ci : faites vous accompagner.

Le BIM est un processus si complexe, avec énormément de paramètres en compte, qu’il est souvent plus judicieux de faire appel à des professionnels afin de vous accompagner dans cette transition,

J’espère que cet article vous a aidé à y voir plus clair. Si la transition vers le BIM vous intéresse, je vous invite vivement à rejoindre ma newsletter. J’y documente mon évolution, mes victoires et mes échecs.

A très bientôt sur ArchiGrind.

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