Tout bon photographe vous le dira : l’éclairage, c’est la base.

Et dans le domaine du l’infographie 3D et des rendus d’Architecture, c’est tout aussi vrai! Avoir une solution d’éclairage bien implémentée peut très bien faire la différence entre un bon et un mauvais rendu. Sans un bon éclairage, même une scène superbement modélisée peut aboutir à un rendu tout à fait plat et peu convaincant.

Comment ne pas se foirer alors? Eh bien la science de l’éclairage est plutôt vaste mais j’ai réuni pour vous cinq conseils et astuces de Jeremy Birn, directeur technique au studio d’animation Pixar et auteur du livre « Digital Lighting and Rendering » pour améliorer votre lighting.


1 – Ayez des références. Beaucoup.

Non, ce n’est pas « mal » que de débuter en collectant et en s’inspirant d’images de référence.

Étudier le travail d’un autre artiste afin de perfectionner le vôtre n’est pas une violation de la loi sur les droits d’auteur; c’est une utilisation équitable du matériel. Le fameux « fair-use ».

Regardez une scène et analysez l’éclairage en vous posant des questions telles que: « Quelles sont les parties les plus éclairées de cette scène? Quelles sont les plus sombres? Dans quelle mesure les couleurs sont-elles saturées dans les zones claires ou dans les zones sombres? Y a-t-il de la brume ou de l’atmosphère qui change le ton ou la saturation dans des parties plus éloignées de la scène? » etc.

Scène 06 du volume 45 de la collection Archinteriors.

Les images de référence sont également de bons outils de conversation pour vous aider à communiquer avec votre client ou votre directeur artistique. Vous pouvez par exemple démarrer les discussions avec des images de référence  avant de passer aux rendus test, afin de pouvoir cerner avec précision ce qu’ils aiment ou n’aiment pas sur ces images et les types d’effets qu’ils souhaitent obtenir.

Plus tôt vous commencerez à communiquer sur ces détails, plus il sera facile de produire un rendu final qu’ils approuveront.

Comme références, je vous recommande de décortiquer les excellents making of de chez Evermotion.

2 – Optimisez vos modèles

La façon dont vos modèles sont construits peut avoir un impact important sur la qualité de votre éclairage.

Il y a plusieurs façons d’améliorer votre modélisation pour vous aider à rendre plus crédibles vos scènes.

L’un des principes fondamentaux que les débutants négligent souvent, c’est le biseautage. Dans la vie réelle, les coins et rebords des objets ne sont jamais aussi « tranchants ».

Si vous regardez le bord de votre bureau sur lequel vous êtes sans doute en train de lire cet article, vous constaterez probablement qu’il est légèrement arrondi ou biseauté.

Westend61 / Getty Images

Les murs ne se rencontrent pas à des angles infiniment aigus. Même un petit biseau peut capturer des reflets qui apporteraient un bien immense à la crédibilité de vos scènes.

Vous pouvez même aller au-delà d’un biseau de base en extrudant d’autres formes  le long des coins ou en ajoutant une autre variation aux coins, pour les rendre plus convaincants.

C’est par exemple une bande de calfeutrage ou de colle entre les surfaces, ou une moulure entre le mur et le sol.

Restez également le plus proche possible de la réalité lorsque vous construisez votre modèle.

Les murs des maisons réelles ont une épaisseur, et le vôtre aussi. Donner aux murs une épaisseur réaliste aide à prévenir les fuites de lumière dans de nombreuses situations.

Bien que ce soit toujours une bonne idée de se débarrasser de certains modèles non visibles sur votre caméra, n’allez pas trop loin en supprimant des modèles ou des surfaces qui pourraient contribuer aux ombres, aux reflets ou à l’illumination globale de votre scène.

3 – Prêtez un œil critique aux couleurs

Les débutants en graphisme 3D préfèrent souvent choisir des couleurs de surface trop saturées ou trop proches du noir pur ou du blanc pur, créant ainsi des surfaces qui ne répondent pas de façon réaliste et constante à la lumière.

En règle générale, conservez la plupart des valeurs d’intensité des couleurs rouges, vertes et bleues sur des surfaces comprises entre 0,2 et 0,8 (lorsqu’elles sont représentées sur une échelle de 0 à 1).

Source : Pixabay

De cette façon, vous laissez de la place à votre éclairage pour déterminer la plupart des valeurs de luminosité de la scène, évitant ainsi d’avoir des surfaces visuellement agressives ou qui réagissent à la lumière différemment des autres.

En clair, évitez l’utilisation de couleurs trop saturées.

4 – Divisez votre espace

Pour obtenir un éclairage plus intéressant, essayez de diviser votre scène 3D en différentes zones ayant chacune des configurations de lumière différentes.

De nombreuses scènes en 3D vous permettent de regarder à travers une porte ou un escalier qfin d’en voir plus d’une pièce, zone ou étage d’un bâtiment. Chaque zone d’une scène comme celle-ci peut avoir différents tons, douceur ou couleurs de lumière.

  • Si une pièce dispose d’une fenêtre qui laisse entrer la lumière du jour et d’une autre pièce qui elle est éclairée par une lampe, alors la pièce éclairée par la lumière du jour devrait être plus claire et avoir une lumière plus froide et plus bleue, alors que la pièce éclairée par la lampe  apparaîtrait moins lumineuse, mais afficherait un éclairage plus chaud.

Archinterior vol37

  • La lumière peut circuler à travers les portes, les fenêtres et les escaliers de votre scène, mais les murs autour de ces ouvertures devraient toujours projeter des ombres, et les lumières devraient s’atténuer avec la distance de sorte qu’elles n’éclairent qu’une partie de la pièce.
  • Même au sein d’une pièce, les coins peuvent recevoir un éclairage différent du milieu de la pièce. Il peut également y avoir une transition globale de la couleur et de la luminosité entre la zone autour d’une fenêtre et les parties de la pièce situées plus loin de la fenêtre.

Crédits : Geoshot

Il y a plusieurs façons de diviser l’espace en fonction de la distance.

Vous pouvez mettre plus de lumière à proximité de la caméra, de sorte que la scène passe d’un premier plan clair à un arrière-plan sombre. Vous pourriez aussi avoir un premier plan sombre et un arrière-plan plus clair.

Dans les rendus d’extérieur, les parties les plus éloignées d’une scène devraient avoir un contraste et une saturation réduits en raison de la fumée, du brouillard, de la poussière ou de la brume.

Vous pouvez ainsi utiliser la perspective atmosphérique pour diviser la scène. Quelle que soit l’approche que vous choisissez, pour convaincre vos spectacteurs qu’ils regardent l’espace en trois dimensions, il devrait y avoir une différence visible entre les objets proches et les objets éloignés.

5 – Nommez vos lumières

On terminera avec une petite astuce concernant une bonne habitude qui vous aidera à travailler plus efficacement.

Pour travailler de façon professionnelle, vous devez donner à chaque lumière de votre scène un nom descriptif.

Des noms clairs vous aideront à éviter de confondre une lumière avec une autre. La dénomination devient deux fois plus importante si vous installez des lumières que d’autres personnes utiliseront ou éditeront plus tard.

Les noms les plus informatifs se réfèreront au type de lumière et à  à ce qu’elle éclaire.

La plupart des studios ont des conventions de nommage beaucoup plus exigeantes, pour s’assurer que tout le monde suit le même ensemble de règles.


Ainsi s’achève cet article. J’espère qu’il vous a été utile.

Si le sujet de l’éclairage en infographie 3D vous intéresse, je vous renvoie vers le livre « Digital Lighting and Rendering » dont sont tirées ces quelques astuces.

N’hésitez pas non plus à partager vos propres astuces en commentaires.

A très bientôt sur Archigrind.

5 Astuces pour sublimer l’éclairage de vos rendus
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